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Mali : des dizaines de civils touareg tués par des djihadistes

«Il y a eu 43 morts en deux jours, tous des civils, d’une même communauté», les Touareg Idaksahak, a déclaré le 28 avril à l’AFP un responsable tribal joint à Menaka, principale ville de la région, Sidigui Ag Hamadi.

«Nos combattants sont en train de détruire leurs bases et les anéantir. Ils viennent s’en prendre gratuitement aux civils innocents», a-t-il dit, voyant dans ces tueries des représailles des djihadistes aux coups du Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia, pro-Bamako) et du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA, issu de l’ex-rébellion).

Le MSA a affirmé avoir «appris avec consternation l’assassinat de 43 personnes de la communauté Idaksahak lors de deux raids menés par des hordes de malfrats armés sur les campements d’Aklaz le 26 avril et Awakassa le 27 avril».

Dans un communiqué, il «lance un appel pressant aux gouvernements du Mali, du Niger» pour «mettre immédiatement fin aux crimes abominables qui sont commis», assurant qu’il «ne cédera à aucune intimidation».

Le gouverneur de Menaka, Daouda Maïga, s’est voulu prudent sur le bilan de l’attaque, préférant attendre les conclusions d’une mission sur place. «Il y a plusieurs versions, mais je sais que des femmes et des enfants sont parmi les victimes, des vieilles personnes aussi, mais le chiffre exact je ne saurais le dire sans le retour de mes missionnaires», a-t-il précisé à l’AFP.

Ces tueries se sont produites dans une zone où des djihadistes ayant prêté allégeance au groupe Etat islamique (EI) ont récemment subi de lourdes pertes face aux forces françaises de l’opération Barkhane et à l’armée malienne, souvent appuyées par deux groupes armés principalement touareg, le Gatia et le MSA. Les forces maliennes et françaises ont intensifié leur pression sur les groupes djihadistes ces derniers mois à l’approche de l’élection présidentielle du 29 juillet.

«Personne ne pouvait imaginer qu’ils allaient tuer […] des civils aux mains nues»

La population de la région s’attendait à des représailles des djihadistes après leurs revers récents, «mais personne ne pouvait imaginer qu’ils allaient tuer de cette manière des civils aux mains nues», a indiqué un notable de Menaka, Attaye Ag Ossadki.

L’état-major français a annoncé la mort d’une trentaine de djihadistes dans cette zone frontalière lors d’une confrontation le 1er avril avec des commandos parachutistes de Barkhane et de l’armée malienne, «en liaison avec les forces armées nigériennes et accompagnés par un groupe d’autodéfense local».

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg) a déploré le 28 avril dans un communiqué «une recrudescence de violences dans la région de Menaka touchant très généralement des populations civiles».

Elle dénonce les «actes abominables et inhumains» commis les 26 et 27 avril et exhorte l’ensemble des mouvements politico-militaires présents dans la région à s’unir afin de les prévenir et qu’aucun civil «ne se sente en insécurité à cause de son appartenance à une quelconque communauté».

 

Depuis le lancement, en 2013, de l’intervention militaire française, les groupes djihadistes ont été dispersés et en grande partie chassés du nord du Mali, dont ils avaient pris le contrôle en mars-avril 2012.

Mais des zones entières du pays échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les djihadistes, dont la mise en application accumule les retards.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier sur le Burkina Faso et le Niger.

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