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Saint-Quentin : Ils tabassent un policier et disent "les keufs, les juifs et les Français, on va tous les tirer à la kalach"

Plusieurs hommes ont été jugés pour avoir violenté et humilié un fonctionnaire de police de Tergnier dans un hall d’immeuble du quartier Europe.

Pas facile de juger une affaire sereinement quand les prévenus prennent la parole à tort et à travers, comme ce mardi 22 mai au tribunal. Deux jeunes gens, un primo-délinquant de 23 ans, qui reconnaît sa responsabilité, et un multi-récidiviste de 25 ans, qui clame son innocence, comparaissent pour des violences contre un policier de Tergnier qui n’était, lors des faits, pas en service. «  Je savais pas que c’était un flic, lance le premier. Quand on me l’a dit, je suis parti en courant.  »
Le 18 novembre 2015, la victime pénètre dans le hall du 22, rue Gustave-Eiffel, quartier Europe à Saint-Quentin. L’homme rend visite à sa tante. Il tombe alors nez à nez avec plusieurs individus qui traînent là, un joint au bec. L’un d’eux lance : «  C’est un keuf  ». Tous l’entourent, il reçoit deux coups de poing au visage, tombe, se relève, ils rient. «  Les keufs, les juifs et les Français, on va tous les tirer à la kalach.  »
Ces derniers propos, c’est le troisième prévenu, absent à l’audience, qui les tient. Condamné une 17e fois à 4 mois de prison ferme, l’homme de 27 ans l’est aussi pour avoir ajouté : «  À la cave comme le juif Halimi  ». Après les coups et les menaces, le visiteur est contraint à baisser son pantalon, ce qu’il fait, avant d’être autorisé à le remettre. La scène dure «  une bonne demi-heure  », ainsi que le rappelle la présidente Moussouni en résumant le dossier.
Devant celle-ci, le prévenu assumant les violences, pour lesquelles il écope de 4 mois de sursis, les justifie de manière confuse. «  Il est venu dans le bloc, il était pas de là. Il puait l’alcool, il tenait des propos incorrects, je voulais pas lui parler, on s’est mal parlé. Je lui ai mis deux coups, c’est vrai que c’est moi qui commence. Moi, j’étais là tout seul, assure-t-il après avoir dit l’inverse en procédure, c’est déjà bien que j’assume mes actes.  » À son côté, son co-prévenu pour avoir bloqué la porte lors de l’altercation et usé de violence se retient d’exploser.
Pour la énième fois de l’audience, à tel point que la présidente le menace d’expulsion du prétoire, il réfute avoir même été sur place. «  J’ai l’impression que vous voulez tout mettre sur moi. Notre parole, c’est du vent.  » Après la plaidoirie de son avocate, il se lance dans une ultime défense non dénuée d’une certaine éloquence. Peut-être a-t-elle convaincu ses deux juges, ils le relaxent.
via AisneNouvelles


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