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đŸ‡«đŸ‡· Violences, menaces, guet-apens : les pompiers ne comprennent pas pourquoi ils sont ciblĂ©s par tant de haine

PiĂšges, agressions, menaces
 Que cachent les violences qui frappent les soldats du feu ? EnquĂȘte Ă  Toulouse.

Le fourgon s’enfonce toutes sirĂšnes hurlantes dans le Mirail, quartier redoutĂ© du sud de Toulouse (Haute-Garonne). Les six pompiers lorgnent ces tours blanchĂątres avec dĂ©fiance. « DĂšs qu’on met un pneu ici, on sait qu’on n’est plus maĂźtres de notre destin », lĂąche Mathieu, chef de groupe. Ce soir de mai, l’escouade de la caserne Jacques Vion intervient sur ce qui ne devait ĂȘtre qu’un banal feu de poubelles. Mais tout juste s’arrĂȘtent-ils devant le vide-ordures qu’une bande d’adolescents surgit de sa planque, pavĂ©s en main. Pluie de pierres. « On se fait caillasser ! » crie le chauffeur en Ă©crasant la pĂ©dale d’accĂ©lĂ©rateur. Des creux se forment sur la carrosserie. Les estomacs se nouent. Des policiers, arrivĂ©s en catastrophe, bombardent le secteur de grenades lacrymogĂšnes. « Repliez-vous, on n’a plus de cartouches ! » hurle l’officier. Et les deux vĂ©hicules sĂ©rigraphiĂ©s de repartir aussi vite qu’ils sont venus. Mathieu soupire : « VoilĂ  qui annonce la couleur pour la nuit  »

Bastion pour 138 pompiers professionnels, la caserne Jacques Vion est abonnĂ©e Ă  ces coups de chaud. Ils effectuent jusqu’à 80 % de leurs interventions en zone urbaine sensible (ZUS). En l’occurrence, la Reynerie, Bagatelle et le Mirail, trois citĂ©s oĂč le taux chĂŽmage culmine Ă  40 %, royaumes des dealers, et foyers de soulĂšvements spectaculaires ces derniĂšres annĂ©es. « Au Mirail, on flippe. C’est une souriciĂšre. Ça me fait plus peur que CrĂ©teil ou Fontenay-sous-Bois« , avoue Mathieu, carrure de maĂźtre nageur et dix ans d’expĂ©rience dans ces banlieues houleuses du Val-de-Marne. Sous les nĂ©ons blafards du parking de la caserne, il dĂ©briefe ses troupes. « On Ă©tait attendus, on s’est fait dĂ©foncer. La question, c’est : ‘Est-ce que c’était un coup d’épĂ©e dans l’eau ou est-ce qu’il y en aura d’autres ?’ » Vers 21 heures, toute la ville bascule en « vigilance orange », dernier niveau avant l’émeute. Aucune intervention ne se fera sans la police. Pour les 30 pompiers de garde, la nuit sera interminable.

L’Express via fdesouche


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