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🇫🇷 Injections sauvages à la seringue : enquête sur le phénomène qui inquiète police et soignants avant l’été

Les enquêteurs recensent 461 victimes d’injections sauvages à travers le pays, en majorité des femmes. Les analyses n’ont pas détecté la présence de drogues. Des expertises ciblant plus de produits sont en cours.

« Prélèvements rapides urinaires et sanguins pour analyses toxicologiques, biochimiques et sérologiques ; constatation des éventuelles traces de piqûres ; prise des paramètres vitaux ; prise en charge infectieuse proposée au cas par cas… » Alors que plusieurs ­milliers de personnes étaient attendues ce week-end à Dijon (Côte-d’Or) pour assister au festival Vyv, l’hôpital de la ville a pris les devants en mettant en place un « protocole spécifique piqûres ».​

L’inquiétante série de piqûres sauvages, dont l’impact est amplifié par les réseaux sociaux, se poursuit à la veille de l’été. Au 9 juin, 461 victimes avaient été officiellement répertoriées par la police et la gendarmerie, qui ont enregistré 381 plaintes. Repéré au début du printemps dans les boîtes de nuit et les soirées étudiantes, le phénomène s’étend désormais aux festivals , aux concerts, aux férias et même aux bals de campagne. Il touche très majoritairement un public féminin, mais des hommes ont également été piqués. Bras, mollets, jambes… Il n’y a pas de site d’injection préférentiel constaté. Et l’absence de faits connexes à ces piqûres – vols, agressions sexuelles… – interpelle magistrats, enquêteurs et personnels de santé sur cette mode malsaine qui viserait à faire mal, à semer la panique, voire à inoculer un produit nocif.

Cette dernière hypothèse est encore à démontrer. « À ce jour, malgré les investigations médicales, médico-légales, toxicologiques et pharmacologiques menées, aucune substance psychoactive, médicamenteuse ou non, n’a été retrouvée », martèle Joëlle Micaleff, présidente du réseau français d’addictovigilance. La situation française est en tout point semblable à ce qui est survenu dans d’autres pays d’Europe, notamment au Royaume-Uni au dernier trimestre 2021 : malgré des investigations poussées, aucune substance psychoactive n’avait alors été retrouvée. (…)

Un cas litigieux a néanmoins été signalé à Roanne (Loire). Une jeune fille de 19 ans a bien été testée positive au GHB (­molécule anesthésique surnommée « drogue du violeur ») après une piqûre subie en boîte de nuit, mais elle n’a déposé plainte que le 6 mai pour des faits remontant au 3 avril. Prudent, le procureur Abdelkrim Grini a demandé des analyses complémentaires sur les cheveux de la plaignante pour être certain de pouvoir attribuer la détection de GHB, naturellement présent en quantité micromolaire dans le sang, à cette piqûre « médicalement constatée », précise le magistrat.

Le GHB n’est d’ailleurs pas la seule substance à rechercher. Le spectre est beaucoup plus large. La Société française de ­toxicologie analytique rappelle que les molécules les plus utilisées dans les cas avérés de soumission chimique sont les antihistaminiques sédatifs (Donormyl, Atarax…), les benzodiazépines et apparentés (Xanax), le Lexomil, le Stilnox, l’Imovane. Elle recommande également de pratiquer, idéalement dans l’heure qui suit les faits, un prélèvement sanguin destiné à des investigations biochimiques complémentaires telles que des mesures et dosages de glycémie, insuline et peptide C. « Mais à l’heure actuelle, insiste Joëlle Micaleff, le risque principal est le risque infectieux s’il y a bien eu piqûre profonde, c’est-à-dire effraction cutanée. D’où l’importance de consulter rapidement soit son médecin traitant, soit un centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic, soit les urgences… » La crainte d’une contamination par le VIH ou les virus responsables des hépatites B et C constitue un facteur de stress supplémentaire pour les victimes.

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